Un peu d’histoire…

Lors de conquête musulmane de la péninsule Ibérique, les envahisseurs véhiculent avec eux de nombreux éléments de leur culture. Parmi leurs objets, l’alambic est un élément indispensable de la médecine arabe, mais aussi utilisé pour la fabrication d’huiles essentielles et de parfums.

Les premiers utilisateurs en France seront les moines dans un but thérapeutique : les premières traces de distillation à destination médicale datent du XIIe siècle.

Vital Dufour, écrit en 1310 un traité de médecine dans lequel il cite les 40 vertus de l’eau de vie de son monastère d’Eauze. Cette date est prise comme acte fondateur de l’illustre breuvage et, en 2010, des festivités sont organisées pour fêter les 700 ans de l’armagnac.

Vers 1830, les maisons de commerce s’installent sur la Baïse, affluent navigable de la Garonne. Car à l’époque, les voies navigables étaient les seules voies de transport.
Détruit par le Phylloxera dans les années 1870, le vignoble renaît au début du siècle.

Au XIXème, le commerce de l’Armagnac atteint son apogée. C’est en 1909 qu’un décret, sous la présidence d’un enfant de la région, le Président Fallières, délimite la région de production de cette eau-de-vie.

Les appellations Armagnac
On distingue 3 appellations différentes dans l’armagnac, selon le décret du 6 août 1936.

– le Haut Armagnac, la plus grande région, ne produit que peu d’Armagnac
– la Ténarèze, dont les sols argileux ou calcaires produisent des eaux de vie fines, au bouquet de violette
– le Bas-Armagnac,  sablonneux et vallonné, qui produit des eaux de vie les plus riches et les plus délicates.

Les cépages de l’Armagnac
Les cépages répertoriés par le décret INAO sont :

Le baco blanc                    la graisse                                            l’ugni blanc
la blanc dame                    le jurançon blanc                            la folle blanche
le colombard                     le mauzac, le mauzac rosé           le meslier Saint-François

Dans la réalité, seuls quatre d’entre eux ont des surfaces représentatives.

L’ugni blanc (également appelé Saint-Émilion ouTrebbiano)
Est le plus courant. Introduit au XIXe siècle, il a permis de reconstituer le vignoble dévasté par le phylloxera. Réputé pour son acidité, il donne des eaux de vie de grande qualité.

Le baco blanc

Hybride de la folle blanche et du noah américain, a été créé par François Baco, instituteur des Landes. Il donne rondeur et arômes fruités aux assemblages.

Le colombard
Donne des arômes fruités et épicés aux assemblages. Ce cépage est aujourd’hui valorisé par l’élaboration de vin de pays des Côtes-de-Gascogne.

La folle blanche donne d’excellentes eaux de vie, élégantes et florales. Ce cépage représentait la base de l’encépagement avant la crise du phylloxera. La difficulté de la greffer et la sensibilité aux maladies qui en a découlé l’ont rendue plus rare. Sa qualité lui vaut cependant de rester présente dans le vignoble.

Les autres cépages ne sont que des reliques de la multitude de cépages du sud-ouest distillés jadis et leur surface n’est qu’anecdotique.

En Cognac, le cépage blanc principal est l’Ugni blanc, mais on trouve aussi du Colombard, de la Folle-Blanche, du Sémillon, du Montils… en petites quantités.

L’élaboration de l’Armagnac
est demeurée artisanale, elle comprend trois étapes, toutes d’égales importance :

La vinification : l’eau de vie d’Armagnac est produite à partir de vins blancs issus de raisins blancs ayant une bonne acidité et un faible degré alcoolique. Ces vins blancs sont vinifiés de la façon la plus traditionnelle qui soit sans ajout de souffre, sans ajout de sucre…

La distillation : on pratique la distillation en continue, elle est pratiquée pendant l’hiver dès les fermentations terminées, mais doit être effectuée avant le 31 mars de l’année qui suit la récolte. Elle s’effectue dans un alambic à colonne ou continu. De cet alambic sort une eau de vie de 52 à 60° (contrairement au cognac à repasse qui donne des eau de vie à 70° et plus). A sa sortie de l’alambic l’eau de vie est incolore. Elle est très aromatisée, elle a besoin de l’apport de bois et de nombreuses années de vieillissement pour s’affirmer

Le vieillissement : dès la distillation, l’Armagnac est mis dans des fûts de chêne de 400 litres. L’eau de vie prend une couleur ambrée puis acajou. Il va rester jusqu’à 50 ans en barriques puis sera ensuite stocké dans des bonbonnes de verres.